Adapter son alimentation dès l’instauration de la corticothérapie réduit le risque d’ostéoporose et de diabète stéroïdien chez les patients de plus de 50 ans atteints de maladie de Horton. Les recommandations récentes de la Société Française de Rhumatologie (SFR, 2025) insistent sur la réduction du sel, l’apport en calcium et en protéines, et la surveillance glycémique. L’hydratation régulière et le choix d’un régime équilibré riche en fruits et légumes et en acide gras oméga-3 limitent l’inflammation systémique et protègent le système cardiovasculaire. Concrètement, privilégiez une cuisine maison peu salée, des aliments riches en calcium et une activité physique modérée pour préserver la masse musculaire.
L’essentiel
Un régime adapté compense les effets métaboliques des corticoïdes et réduit les complications iatrogènes.
- Réduction du sel : Limiter le sel pour diminuer l’œdème et l’hypertension liée aux corticoïdes.
- Protéines suffisantes : Viandes blanches, poissons, œufs pour contrer la fonte musculaire.
- Calcium et vitamine D : Supplémentation fréquente pour prévenir l’ostéoporose cortisonique.
- Contrôle des sucres : Eviter les sucres rapides pour réduire le risque de diabète stéroïdien.
Demandez dès la prescription de prednisone un bilan nutritionnel et une surveillance glycémique, puis planifiez un suivi diététique.
À l’hôpital de région, Mme Leroy, 77 ans, reçoit sa première dose de prednisone pour une artérite à cellules géantes. Le premier réflexe de l’équipe a été d’évaluer ses habitudes alimentaires et ses fragilités osseuses. Les corticoïdes modifient rapidement le métabolisme des glucides et des lipides, provoquent une rétention hydrosodée et une fuite potassique, et augmentent le risque de fractures surtout durant la première année de traitement, selon la Ligue Française Contre le Rhumatisme (2024). Les recommandations actuelles, reprises par la SFR (2025) et la HAS (2021), insistent sur une stratégie nutritionnelle qui s’articule autour d’un régime équilibré, d’une réduction du sel stricte, d’un apport protéique renforcé, et d’une supplémentation en vitamine D et calcium quand nécessaire. Sur le terrain, les obstacles pratiques sont réels : appétit augmenté avec la cortisone, isolement social, menus de portage inadaptés. Face à ces contraintes, l’intervention conjointe du rhumatologue, du médecin traitant et d’un diététicien améliore l’observance et réduit les complications métaboliques.
Que manger avec la maladie de Horton : principes nutritionnels clés
La base est simple et étayée par des organismes reconnus. Limiter le sodium protège la tension artérielle, contrôler les sucres stabilise la glycémie et renforcer les apports en protéines et calcium préserve la masse musculaire et la densité osseuse. La HAS (2021) recommande un apport protéique adapté chez les personnes âgées sous anti-inflammatoires prolongés. La SFR (2025) précise que ces mesures doivent être modulées selon la dose de cortisone.

Protéines et maintien de la mobilité
Les corticoïdes entraînent une catabolie musculaire. Pour limiter la fonte, visez des sources de protéines à haute valeur biologique à chaque repas, par exemple 20 à 30 g de protéines par repas selon l’état de la personne, en accord avec l’évaluation clinique. Privilégiez les poissons maigres et gras deux à trois fois par semaine pour leur apport en acide gras oméga-3, les œufs, et les viandes blanches.
Phrase-clé : une prise protéique régulière soutient la mobilité et réduit le risque de chute.
Contrôler les sucres et l’indice glycémique
La corticothérapie augmente la glycémie. L’objectif est d’éviter les aliments transformés et les sucres rapides pour limiter la survenue d’un diabète stéroïdien. Préférez les céréales complètes, les légumineuses et les fruits entiers à faible index glycémique. Les nutritionnistes du Réseau National Alimentation Cancer Recherche insistent sur le suivi glycémique dès l’initiation du traitement.
Phrase-clé : stabiliser la glycémie réduit la prise de poids facio-tronculaire et les complications métaboliques.
Sodium, hydratation et équilibre hydro-électrolytique
La prednisone favorise la rétention de sodium et l’élimination du potassium. L’Assurance Maladie recommande de lire les étiquettes et d’éviter le pain industriel, les conserves et les plats préparés riches en sodium. Remplacez le sel de table par des herbes aromatiques et privilégiez une eau plate peu sodée.
Hydratation adaptée et choix d’eau
Pour réguler l’homéostasie, buvez régulièrement de l’eau plate. Certaines eaux minérales sont riches en calcium et peuvent compléter l’apport lorsque la consommation de produits laitiers est faible. Par exemple, des eaux riches en calcium sont recommandées pour les patients réticents aux laitages.
Phrase-clé : une hydratation maîtrisée soutient l’élimination des déchets et protège la fonction rénale.
Transition : après avoir abordé l’hydratation, examinons le rôle des matières grasses et des micronutriments.
Graisses, potassium et micronutriments essentiels
Les choix lipidiques influent sur le profil cardiovasculaire. Favorisez les acides gras oméga-3 présents dans le saumon, les sardines et les graines de lin, et limitez les graisses saturées. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation recommande les huiles d’olive et de colza comme sources principales d’acides gras insaturés.
Potassium et risques associés
La perte potassique sous corticoïdes nécessite une surveillance. Introduisez des aliments naturels riches en potassium, tels que la banane, la pomme de terre et certains légumes secs, sauf en cas d’insuffisance rénale. Un bilan biologique guidera l’usage de substituts salés à base de potassium qui peuvent être dangereux avec certains antihypertenseurs.
Phrase-clé : compenser la fuite potassique évite crampes et troubles du rythme chez les patients fragiles.
Vitamines et antioxydants
Les vitamines B et la vitamine D soutiennent la réparation tissulaire et la fatigue. Les aliments riches en antioxydants comme les agrumes, les kiwis et les légumes verts foncés réduisent le stress oxydatif lié à l’inflammation. La supplémentation vitaminocalcique est fréquemment proposée pour prévenir l’ostéoporose cortisonique, sur avis médical.
Phrase-clé : les micronutriments renforcent la tolérance au traitement et protègent l’os.
Repas pratiques, menus et exemples concrets
Pour Mme Leroy, l’équipe a construit des repas simples : petit-déjeuner avec fromage blanc, fruits à faible IG et une tranche de pain complet occasionnelle; déjeuner axé poisson gras et légumes vapeur; dîner léger riche en protéines et légumes verts. Les en-cas privilégient les noix non salées et le yaourt nature.
- Petit-déjeuner : fromage blanc, flocons d’avoine, kiwi.
- Déjeuner : filet de saumon, quinoa, brocoli vapeur.
- Dîner : blanc de poulet, épinards sautés, pomme de terre cuite au four.
- En-cas : poignée de noix non salées, compote sans sucre ajouté.
Phrase-clé : un plan alimentaire simple et répétable facilite l’adhésion et la protection métabolique.
Tableau pratique : aliments à privilégier et portions
| Groupe alimentaire | Pourquoi | Portion indicative |
|---|---|---|
| Poissons gras | Riches en acide gras oméga-3, anti-inflammatoires | 100–150 g, 2 fois/semaine |
| Légumes verts | Fibres, potassium, antioxydants | 1 bol cuit ou 2 bols crus par jour |
| Produits laitiers ou eaux riches en calcium | Maintien de la densité osseuse | 2 portions/jour ou eau minérale riche en calcium |
| Céréales complètes | Index glycémique bas, satiété | 1 portion par repas |
Phrase-clé : harmoniser portions et qualité nutritionnelle réduit les risques iatrogènes.
Observance et aides pratiques
La restriction sodée et la perte de plaisir alimentaire exposent au risque de dénutrition. Le professeur Bruno Fautrel (Pitié-Salpêtrière, 2023) note que la personnalisation du menu et l’intervention d’un diététicien limitent cette dérive. Les services de portage doivent être évalués et adaptés si nécessaire.
Pour approfondir les conseils de suivi et les parcours de soins, consultez la fiche pratique sur manger avec la maladie de Horton et l’article sur la espérance de vie avec une artérite.
Phrase-clé : coordonner rhumatologue, médecin traitant et diététicien améliore la sécurité et la qualité de vie.
Perspectives : biothérapies et nutrition
L’introduction de biothérapies comme le tocilizumab réduit souvent les doses de corticoïdes, ce qui assouplit progressivement les contraintes alimentaires. Les recherches sur le microbiote et l’alimentation de type méditerranéen montrent des signes prometteurs pour moduler l’inflammation, mais la validation clinique reste en cours.
Phrase-clé : la baisse des corticoïdes ouvre la voie à une alimentation moins restrictive.
Quels aliments éviter absolument sous corticothérapie pour la maladie de Horton
Évitez les plats préparés, conserves salées, charcuterie industrielle et boissons sucrées. Privilégiez la cuisine faite maison pour contrôler la réduction du sel et limiter les sucres rapides.
Faut-il prendre systématiquement de la vitamine D et du calcium
La supplémentation est souvent recommandée pour prévenir l’ostéoporose cortisonique, selon la Ligue Française Contre le Rhumatisme. Faites un bilan biologique et suivez l’avis du rhumatologue.
Comment compenser la perte de potassium liée aux corticoïdes
Introduisez des aliments riches en potassium (banane, pomme de terre, légumes secs) sauf contre-indication rénale. Surveillez la kaliémie lors des suivis.
Peut-on suivre un régime anti-inflammatoire type méditerranéen
Oui, le régime méditerranéen apporte fibres, acide gras oméga-3 et aliments riches en antioxydants, ce qui peut compléter la prise en charge, sous supervision médicale.




